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 Du vent dans la nuit (Lawrence)

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ft. : Jamie Dornan


MessageSujet: Du vent dans la nuit (Lawrence)   Lun 11 Juin - 11:37

Malgré le fait qu’il dorme paisiblement, le sommeil de Caïn n’est jamais profond, jamais total. Il demeure toujours une attention inconsciente au monde qui l’entoure, même alors qu’il devrait se sentir en sécurité, chez lui. A croire que lorsque votre esprit vous pousse aux pires horreurs, par simples pulsions, il vous est impossible d’être pleinement serein. Pourtant, Caïn est bien loin d’être paranoïaque, simplement prudent, avisé. La présence de Sorbonne est, quant à elle, plutôt rassurante, parce que même si son chien est un animal particulièrement affectueux et gentil, il n’en demeure pas moins prêt à défendre son maître et se défendre lui même. À l’affût des bruits suspects et des présences indésirables. Aussi, Caïn a toute confiance en son animal de compagnie, quant au fait de l’avertir d’un éventuel danger.

Dehors, la lune est haute et la chambre de Caïn donne sur un petit jardin, entouré de buissons bien taillés et de massifs de rosiers et diverses fleurs. Une large baie-vitrée, lui permet de sortir directement sur sa terrasse et ainsi profiter de l’air agréable du printemps, dés les premières lueurs du jour. Cette pleine vue sur son espace personnel lui fait du bien, puisque contrairement aux clichés concernant les tueurs, plus ou moins atteints psychologiquement, il ne se complaît guère dans l’obscurité, préférant largement les premiers rayons du soleil réchauffant sa peau. Il apprécie la quiétude de la nuit, mais ne se considère pas comme un animal nocturne. À vrai dire, il est même du genre à se coucher assez tôt lorsqu’il sait qu’il travaille le lendemain, soignant sa santé. Les rideaux partiellement ouverts, de même que la baie vitrée, pour faire rentrer un peu d’air après une chaude journée, Caïn dort, étalé sur le dos, ne portant qu’un pantalon de pyjama léger, à peine recouvert du drap. Sorbonne dort à ses pieds, à même la moquette claire du sol de la chambre, étalant son imposante carcasse.

Tout semble paisible, sauf que d’un coup, c’est un aboiement qui retentit dans la pièce, réveillant en sursaut Caïn. Battements du cœur plus rapides, alors qu’il ouvre le tiroir de sa table de chevet pour en saisir un couteau de chasse, parfaitement aiguisé, doux jouet qu’il affectionne, mais surtout arme redoutable. Sorbonne s’approche de la baie vitrée, venant aboyé par la petite ouverture en direction de celui qui lui semble être un intrus. Caïn s’approche, les sens au aguet, les muscles crispés, prêt à se défendre. À surprendre quiconque tentera de s’introduire chez lui, par sa maîtrise du couteau et de la violence. Il mettra ses compétences sur le coup de l’adrénaline, les écorchures de son agresseur, sous l’excuse de l’auto défense, et le tour sera jouer. Personne n’ira incriminer le respectable vétérinaire de la ville.
Sauf qu’alors qu’il arrive enfin à hauteur de la baie vitrée, s’apprêtant à l’ouvrir pour laisser Sorbonne se jeter sur l’intrus, il remarque une silhouette qui lui est familière. Un type de pyjama hideux bien connu et c’est un sourire qui étire ses lèvres. Un sourire entre amusement et dépit. Une montée d’adrénaline pour rien, parce que cet intrus là n’a rien d’hostile. Il lui a toujours même semblé aussi inoffensif qu’un chiot. Du moins face à la carrure imposante du vétérinaire, mais aussi sa maîtrise du combat à l’arme blanche. Il possède également plusieurs armes à feu, mais bien cachées. Plus taboues.

Venant caresser la tête de son chien, il lui intime de se calmer. « Du calme Sorbonne, c’est cet idiot de Law, shttt calme toi, aller » Dit-il en lui grattant la tête, tandis que l’animal se calme, comprenant qu’il n’y a pas d’agression qui soit. Caïn se tourne alors, allant ranger son couteau pour éviter d’attirer une once de soupçon sur sa personne, alors qu’il retourne ensuite ouvrir la baie vitrée pour sortir dans le jardin et s’approcher de Lawrence. Voilà des années que les deux hommes sont voisins. Des années que Caïn a pu assimiler le comportement, parfois déluré, fantasque ou simplement surprenant, du barman. Aussi, il sait, depuis longtemps maintenant, que ce dernier est sujet aux crises de somnambulisme et ce n’est pas la première fois qu’il atterrit dans son jardin.

Toujours sensibles aux ressentis, Caïn apprécie la caresse de l’herbe fraîche sous ses pieds, l’humidité de la nuit et la fraîcheur de la légère brise agitant les arbres. Il s’immobilise enfin à hauteur de Lawrence qui semble encore en transe, tandis que Sorbonne vient à ses côtés, se frottant dans les jambes du jeune homme. Cognant dans ses mains plusieurs fois, Caïn fait en sorte de le réveiller, prêt à le rassurer. Oui parce que derrière sa folie meurtrière et son étrange collection morbide, Caïn n’est pas un personnage détestable, solitaire ou froid, bien au contraire et c’est bien là que le contraste peut réellement étonner, choquer, si un jour, ses petits secrets venaient à devenirs publics.
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ft. : Harry Lloyd


MessageSujet: Re: Du vent dans la nuit (Lawrence)   Lun 11 Juin - 17:36

Il rêvait du grand marché de Camden, comme cela lui arrivait souvent. Et puis le rêve dériva, devint autre chose, incontrôlable comme tous les rêves. Quelque chose contre ses jambes qui venait, dérivait, comme les vagues d'un océan. Le murmure indistinct aussi, familier, qu'il ne reconnaissait pas. On s'en fichait de reconnaître quand on dormait, on s'en fichait.
Cela pouvait être tout le monde, cela pouvait être personne. Un univers entier...
Quand Lawrence ouvrit les yeux, l'océan contre lui devint un grand chien, un chien qui n'était pas le sien mais pas grave, l'homme l'aimait quand même. Les mains encore engourdies, il flatta la tête de Sorbonne, reprenant conscience avec la réalité.
Dans la nuit, Caïn était comme une ombre. Lawrence compris alors que les murmures de son rêve n'avaient rien été d'autres que des claquements de mains.
Comme d'habitude.

”Oh dear...j'ai encore marché?”

Question légèrement rhétorique, car il était pied nu dans l'herbe fraîche, en pyjama. Un joli pyjama d'ailleurs, consistant en un camaïeu plus qu'étrange de couleurs fuschias, du genre qu'un épileptique ayant des poussées de sadisme envers le monde aurait assemblé.
Caïn, quant à lui, était torse nu.

”Vous savez, je peux vous prêter un haut....Ca me fait mal au coeur de vous voir toujours comme cela. Je suis d'accord, le prix des vêtements de nuits a augmenté, mais je peux bien rendre service.”

A l'intérieur de sa maison, un concert de jappements: Mulder et Scully avaient daigné se réveiller pour découvrir Copain-Sorbonne sur la pelouse.... Par contre, pour ce qui était de sauver leur maître d'une de ses crises de somnambulisme, que dalle. Vous parlez de chiens de soutien....

”Hum....Je nous fait une tisane?”

Ce n'était pas la première fois que Caïn se retrouvait là, ce n'était pas la première fois qu'il l'aidait alors même que Lawrence ne prenait pas conscience d'être perdu. A vrai dire, le jeune homme avait fini par donner un double de ses clés au voisin. Certaines nuits, Caïn ne parvenait pas à le réveiller, devait le porter jusqu'à son lit...
Au début, Lawrence s'était réveillé sur le canapé de l'autre homme, expérience dont il ne gardait aucun traumatisme, et puis afin de rendre les choses plus simples, il avait simplement donné son double au plus âgé.
Heureusement, Lawrence ne marchait pas dans son sommeil tous les soirs, loin de là. Lorsque cela arrivait, c'était toujours aux alentours de dates précises, importantes, mais le jeune homme ne gardait la signification que pour lui.
Si Caïn avait noté le calendrier de ces dates, il n'en disait rien, n'en faisait aucune remarque. Pour le moment.
Un peu penaud malgré tout, Lawrence l'invitait souvent à boire aux frais de la princesse quand le vétérinaire s'arrêtait au pub.

”J'ai aussi un reste de tarte si jamais une petite collation de minuit vous intéresse....”

Lui-même ne redormirait pas de sitôt. Quand il marchait, somnambule, cela était pour échapper à ses pensées. Celles si l'avaient attrapées, rattrapées là que Lawrence était réveillé. Et le barman se retrouvait prisonnier de souvenirs qu'il ne pouvait confier à personne, parce que cela était son choix, parce que cela était son deuil.
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ft. : Jamie Dornan


MessageSujet: Re: Du vent dans la nuit (Lawrence)   Mar 12 Juin - 7:02

Il s’éveille, finalement, Lawrence, après plusieurs frappements de mains de Caïn. Sourire en coin à l’expression de ce dernier, qui comprend rapidement ce qu’il vient de se passer. « Oui, jusqu’à mon jardin, comme d’habitude » Dit-il détaché, bien qu’amusé par le comportement de son voisin devenu plus qu’une bonne connaissance. Un ami ? Possible, même si le terme d’amitié et d’attachement semble très flou pour Caïn qui a toujours eu du mal avec les relations humaines. Du moins, dans le fond de son âme, puisque les apparences, elles, endorment la méfiance du plus méfiant. Mais il est vrai que Lawrence est une personne qu’il n’a pas envie de tuer, d’ajouter à sa collection. Il le trouve distrayant, il le trouve presque rafraichissant. Un quelque chose, un quelqu’un, qu’il n’a pas envie de voir disparaître, étrangement. Plutôt rassurant pour lui, cela dit.

Venant caler machinalement ses mains dans les poches de son pantalon en tissu, léger, Caïn observe son voisin en attendant de connaître la suite du programme. Être sur qu’il rentre chez lui sans trébucher au milieu des buissons, cela ferait désordre. Nouveau sourire, pourtant, à sa réplique face à son torse nu, affichant sans mal une carrure athlétique et des muscles plutôt dessinés. Sportif, drogué à l’exercice physique. Exutoire de ses longues journées. « C’est comme ça que je suis à l’aise, je n’ai pas besoin d’un haut. À moins que ma partielle nudité te dérange ? Tu veux que j’enlève le bas également ? » Dit-il en arquant un sourcil, entre amusement, taquinerie et véritable question, un fin sourire taquin flottant sur les lèvres. Caïn est joueur, il l’a toujours été et le sera probablement toujours. Il n’est en rien le cliché de froideur qui pourrait être associé à sa sociopathie, bien au contraire. Il a appris à la dompter, à la canaliser et à, ainsi, se fondre dans la masse.

« Volontiers » Dit-il après avoir suivi Lawrence, jusque chez lui, Sorbonne dans les pattes, bien trop heureux de retrouver ses deux voisins et amis chiens. S’avançant dans la familière demeure, à la décoration vétuste, tout autant que l’installation électrique, Caïn observe de lui avec la désinvolture de l’habitude. Ce n’est pas la première fois qu’il se retrouve ici et ce ne sera pas la dernière, certainement. Entre les deux hommes, un étrange amitié a su se former et il ne voit rien à y redire. Pas même alors qu’il se retrouve à plus de minuit, dérangé en plein sommeil, les cheveux courts légèrement en bataille, à moitié nu chez Lawrence. Il a bien remarqué que ces épisodes de somnambulisme arrivent à date régulière, à intervalle régulière, aussi. Il en a noté la fréquence, els détails, mentalement, mais jamais il n’a questionné Lawrence à ce propos. Pas que la chose ne soit pas importante, mais a t-il réellement besoin de connaître le pourquoi du comment ? Ici, il n’est pas dans un numéro de charme, où il pose des questions, s’introduit dans la vie et le quotidien. Avec son voisin, tout est plus léger, moins dans le jeu des apparences et de l’intérêt feint. Plus réaliste, plus neutre, plus franc, finalement. « Tarte à quoi ? Vu le piètre cuisinier que tu es, j’ai tendance à me méfier, il ne manquerait plus que je reparte d’ici malade » Dit-il, entre franchise exacerbé et amusement. Il connaît Lawrence, depuis plusieurs années. Il le connaît bien, du moins, il a appris à le cerner. Ses atouts comme ses faiblesses et la cuisine fait clairement partie de la deuxième catégorie.

Prenant place sur une chaise, attablé à la table de la cuisine il pose ses mains sur le bois sombre du meuble, alors qu’il observe Lawrence s’agiter pour faire chauffer de l’eau et préparer la tisane. Les prunelles azur du vétérinaire détaille alors l’apparence du jeune homme, pour lui faire arquer un sourcil, de perplexité. « Sympa ton pyjama » Lâche t-il, ironique. « Ils font les même pour hommes ? » Renchérit-il, taquin, provoquant et sarcastique, se retenant de rire.
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ft. : Harry Lloyd


MessageSujet: Re: Du vent dans la nuit (Lawrence)   Mar 12 Juin - 9:17

Quand on tient un bar, on prend vite l'habitude des menaces du “JE VAIS ME DESHABILLER, OUAIS, JE PROMETS QUE JE VAIS LE FAIRE”. Quand on a grandit à Londres également... Certains pubs, certains quartiers, un peu trop d'alcool, un peu trop de jeunesse dans les veines aussi, comme si d'un coup on était les rois du monde. Ca et puis les bagarres , celles, entre hooligans, entre écoles rivales, entre bandes, il y avait toujours une bonne raison de se battre, de s'arrêter deux secondes pour une guinness et de recommencer.
La question de Caïn ne le dérangea pas outre-mesure. A vrai dire, il était difficile d'être dérangé par quoi que ce soit à minuit passé: au point où on en était, on laissait juste les choses se dérouler.
Abandonnant la distance due au réveil, Lawrence reprit son tutoiement lui aussi.

”Enleve-le, dans ton jardin tu as tous les droits.” D'un geste de la main, il l'invita à mettre sa menace à exécution: Caïn, à poil, qui reconduisait un Lawrence encore un peu endormi chez lui, ce ne serait pas la chose la plus étrange qui soit arrivée dans cette ville. ”Cependant, en bon sujet de l'Empire Britannique, j'exige une tenue absolument correcte chez moi. Ce qui veut dire....”
Le jeune homme ménagea un silence, histoire d'instaurer le suspens. Dans le noir, le sens du rythme semblait toujours venir avec plus de facilité...

”....Ce qui veut dire chapeau obligatoire!”. Un sourire, une boutade, une simple boutade. L'humour anglais, comme qui dirait, ou bien l'humour de Lawrence comme d'autres soupireraient. Frissonnant un peu malgré tout, le jeune homme invita Caïn à le suivre. Sorbonne prit les devant, lui, allant gratter à la porte, porte qui heureusement était la seule chose de solide dans cette baraque vu comment les deux akitas derrière lui rendaient la pareille.
La réflexion sur sa cuisine laissa échapper un rire à Lawrence. Il ne s'en offusquait pas, reconnaissait au moins cette faiblesse. Il y avait eu une rumeur une fois : lorsque Lawrence Merrythistle invitait une jolie jeune femme à déjeuner ce n'était pas pour le plaisir de la séduction, mais pour le luxe d'un repas décent dans la semaine....
Il n'avait plus trop le temps, chercher à séduire, chercher à bien manger. Peu à peu, le pub lui prenait vie et énergie, une bonne chose car c'était cela que Lawrence souhaitait.

”Une tarte achetée en grande surface, je te rassure Pecan Pie, je suis absolument faible face à cela.... je devrais peut-être descendre au Sud un jour, pousser jusqu'à la Louisiane? “ Encore un sourire, encore des rêves qu'il n'écouterait pas.
Si dans le salon, les chiens semblaient vouloir tout détruire en se jetant eux-même la balle -braves bêtes-, la cuisine, elle, était un havre de paix.

”Oh Caïn, je suis sincèrement désolé..... Non, ils ne font pas ce pyjama pour homme, impossible pour toi d'en avoir, tu vois? Parce qu'il est réservé à un bloody gentleman comme moi, pas un roturier.”
Dans la pièce d'à côté, Scully lança un aboiement bref comme pour signaler qu'elle se rangeait à l'avis de son maître. Ou qu'elle allait faire pleurer sa race à Sorbonne qui semblait avoir gardé la baballe pour lui-même. Mulder, dans son infime sagesse, laissait Sorbonne être la victime, pour une fois, et récupérait le panier pour lui seul....

Lawrence apporta les tasses pleines, puis deux assiettes chacune avec une part de tartes, ainsi qu'un siphon de chantilly. Quitte à faire les choses bien.

”Avant que tu ne déclines, tu iras courir tes kilomètres demain donc oui tu peux le permettre....”

Quant à lui-même, l'énergie dépensée au bar semblait le maintenir en forme, de même que le punching ball installé à la cave. Il était loin de la forme et des muscles de Caïn, mais Lawrence n'avait pas à rougir de lui-même malgré tout. Sauf en ce qui concernait son teint pâle un peu trop britannique et face auquel la porcelaine blanche d'une cuvette de toilettes semblait plus sombre que sa peau à lui.
Sur le buffet de la cuisine, comme d'habitude il y avait un cadre, et dans le cadre une photo, et sur cette photo la soeur cadette de Lawrence, dont celui-ci parlait parfois. Les autres photos de famille étaient réservées au mur du salon et aux escaliers....

Brusquement, la lumière électrique vacilla un peu jusqu'à les plonger dans le noir total. Avec la force de l'habitude, Lawrence gratta une allumette contre la table et laissa la flamme prendre sur le bougeoir.

”Dans d'autres maisons, ces pannes là signifieraient qu'une sublime créature hante ma demeure, j'en tomberai fou amoureux et nous aurions une histoire absolument formidable et charnelle, malheureusement ici cela veut juste dire que l'électricien était un sacré pied.... “
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MessageSujet: Re: Du vent dans la nuit (Lawrence)   Dim 17 Juin - 7:27

« C’est vrai » Réplique t-il lorsque Lawrence précise que dans son jardin, il a tous les droits. Pourtant, Caïn sait conserver une certaine forme de pudeur, bien que cela aille totalement au contraire de sa façon d’être, l’homme étant absolument impudique. Mais il sait que son petit jeu de bienséance, presque d’homme parfait, dépend aussi de sa crédibilité, alors autant rester raisonnable, bien qu’à l’abris des hautes haies de son jardin arrière, il ne risque pas grand chose. « Hmmm ? » Répond-t-il en arquant un sourcil lorsque Lawrence évoque le fait d’être un bon sujet de l’empire britannique. Caïn n’est en rien surpris des excentricités de son voisin, devenu un ami avec le temps. Pourtant, il s’amuse toujours des nouveautés que trouve Lawrence et ce soir ne fait pas exception. Sourire en coin lorsque son interlocuteur évoque le chapeau. « À la limite une casquette des Yankees, mais c’est tout ce que je peux faire » Réplique t-il, un sourire en coin sur le visage et un air provoquant. Il sait pertinemment que Lawrence n’est pas un grand adepte de tout ce folklore américain, encore moins lorsqu’il s’agit du sport, préférant diffuser, dans son pub, les championnats de croquets, plutôt que la NFL, au grand désespoir des habitants du coin. Il a quelques fois fait des exceptions, mais tous savent que le patron du Werewolf, est un personnage atypique qui ne suit aucune règle, créant les siennes et les ajustant à sa culture. C’est là probablement une des choses que Caïn apprécie autant chez lui.  

Installé dans la cuisine, oubliant totalement l’agitement des chiens dans la pièce d’à côté, Caïn s’exprime sur la cuisine peu attractive de Lawrence qui ne peut que reconnaître que son voisin a raison. « Ah, tu me rassures » Dit-il dans un sourire en coin, alors qu’il s’adosse tranquillement au dossier de sa chaise, tendant les jambes pour se mettre dans une position plus à l’aise. L’évocation de la Louisiane n’efface pas son sourire. « C’est plutôt beau, la Louisiane, j’y suis allé une fois pour une conférence médicale. Bon je n’ai pas réellement pu visiter, mais le peu que j’en ai vu était vraiment sympathique » Déclare t-il en se souvenant de cet épisode là, quelques années plus tôt, lorsque sa vie était encore d’une banale normalité. Un couple, un mariage à venir, un futur à construire. Cette fiancée que Lawrence a connue, d’ailleurs, brièvement, même si les deux hommes se sont surtout rapprochés depuis que Caïn est célibataire, donc voilà un peu plus de trois ans maintenant.

Rapidement, l’ambiance devient encore un peu plus légère, lorsque Caïn ose se montrer taquin. Il sait que Lawrence ne s’en offusquera pas et qu’au contraire, il renchérira en son sens, parce que les deux hommes n’en sont pas à leur coup d’essai et que régulièrement, ils en profitent pour se taquiner. Rire qui échappe à Caïn à la réponse de Lawrence, tout à fait à son image. Mais malgré la classe qu’affiche souvent le vétérinaire, il est bien conscient que le véritable gentleman des deux, reste sans nul doute Lawrence et son charme anglais. Le paradoxe l’a toujours amusé. « Je suis très déçu, j’aurais vraiment aimé avoir le même. Je suis sur qu’il t’aide à charmer les femmes de cette ville » Lueur espiègle dans le regard, puisque Caïn sait que l’homme en face de lui est tout aussi célibataire qu’il peut l’être. Seulement quelques aventures chez l’un comme chez l’autre. Caïn ne cherche pas spécialement à se poser, il imagine qu’il verra s’il sent une femme digne de son intérêt, concernant Lawrence il avoue ne pas savoir ce à quoi aspire réellement le jeune homme.

S’apprêtant à décliner la part de tarte, ouvrant la bouche, il la referme aussitôt lorsque le barman ne lui laisse pas le choix quant à ce petit casse-croute nocturne. Pincement de lèvre en voyant la part se dessiner dans une assiette aux motifs floraux désuets. « Je vois, je n’ai pas mon mot à dire. Mais oui j’irais courir demain, de toute façon, tu me connais » Puisque Lawrence a bien enregistré bon nombre d’habitude à Caïn ne s’étonnant même plus, voir le devançant dans ses futures répliques ou excuses. Se saisissant de sa cuillère, Caïn s’apprête à manger un premier morceau de sa part de tarte lorsque la lumière vacille pour s’éteindre complètement, les plongeant dans un noir quasi complet, seulement perturbé par la lumière de la lune, au delà de la fenêtre de la cuisine. Un soupir échappe au vétérinaire. « Depuis le temps que je viens chez toi, oui, je confirme qu’il faut vraiment que tu fasses quelque chose pour cette installation électrique. Je suppose que, comme d’habitude, je vais descendre à la cave remettre les plombs » L’habitude d’être chez Lawrence, d’y vivre presque quarante pourcent de son temps, depuis quelques années. Il la connaît par cœur, cette maison-là. Se levant, il se dirige vers le tiroir de la cuisine contenant une lampe torche, avant de quitter la pièce pour descendre à la cave.

Une fois devant le panneau électrique, il commence à tester chaque disjoncteur un par un, espérant trouver, cette fois-ci, le bon, puisque le responsable de la coupure de courant semble changer à chaque fois. Il en essaye un, puis un autre, mais arrivé au troisième, c’est une violente décharge électrique qui parcoure tout son corps, le faisant littéralement tomber au sol, inconscient, sous la violence du choc. Sa tête heurte légèrement le sol, le laissant allongé sur le dos, la lampe torche à ses côtés, pendant dieu sait combien de temps, avant que Lawrence ne débarque pour le trouver dans cet état.
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MessageSujet: Re: Du vent dans la nuit (Lawrence)   Dim 17 Juin - 8:59

Pendant un instant, il y a entre eux le fantôme d'une femme. Personne n'avait dit son nom, elle l'Absente, elle était là pourtant, Lawrence savait combien il lui serait facile d'imaginer la pression des doigts blancs contre sa nuque, sa façon à elle de le saluer.
Avant.
Irène.
Contrairement à ses fantômes à lui, celui de Caïn est bien vivant. Lawrence ne le dit pas, mais il l'appelle parfois : les anniversaires, la bonne année.... Sagace, enjôleuse, Irène devenait une ombre au fur et à mesure des années. Avant, elle était un danger.
Danger de comprendre, pour lui, son histoire, et peut-être que Lawrence avait craint cela bien plus que Caïn le fait que la jeune femme puisse découvrir sa vérité? Elle était partie à présent, ailleurs. Peut-être avait-elle refait sa vie? Bien que Lawrence ne puisse l'imaginer dans les bras d'un autre homme.
Irène méritait quelqu'un pourtant, le problème étant que les autres, eux, ne la méritait pas.
Pas même Caïn au fond, et l'autre homme le savait, savait sûrement que Lawrence le savait. Ils n'en parlaient jamais, leurs discussions étaient autres toujours. Il le fallait bien...

Mais rien du fantôme-souvenir n'empêcha l'échange entre les deux hommes, les plaisanteries, la simple intimité entre deux amis perdus trop souvent dans une vie de simples connaissances. De connaissances et d'aventures passagères aussi, celles de Lawrence étaient discrètes, on en parlait jamais. Pour beaucoup, le jeune barman devait être asexué, quant aux personnes sachant la vérité, elles se taisaient, simplement...
Un froncement de sourcil agacé -il ne se permettait pas plus, revendiquait une trop bonne éducation pour cela- accueilli l'énième coupure de courant de la semaine, pour lui.
Lawrence ne gaspilla pas le temps de Caïn à dire que l'installation avait déjà été changé plus tôt dans l'année (de toutes manières, Caïn avait dû voir le camion dans son allée), que régulièrement des électriciens venaient...Que Lawrence avait ouvert un compte en banque spécial “coupures de courant” pour dépenser sans taper dans d'autres budget, mais cela n'y changeait rien.
Il parlait de maison hantée par simple plaisanterie, n'y croyait pas. Quelque chose dans le terrain devait perturber les champs magnétiques, on était dans le Nord, dans le Maine, Royaume des forêts. Cela arrivait...
Lawrence ne montra pas à Caïn le chemin de la cave, l'autre le connaissait. Il se contenta de boire une gorgée de tisane en silence, attendant simplement.
Par la fenêtre, le clair de lune. Le jeune homme n'avait pas peur du noir sans qu'il ne sache expliquer pourquoi. Cela lui était venu dans cette maison, une obligation pour survivre, y être à son aise. Néanmoins, Lawrence avait beau faire le fier, si quelqu'un ou quelque chose s'amusait à lui passer du Kate Bush en cet instant précis, le barman se remettrait à craindre les ombres. Beaucoup.

Pour s'occuper, tout en gardant les yeux tournés vers la fenêtre, Lawrence imagina Caïn dans la cave, tentant de s'éclairer au portable pour repérer ce qui n'allait pas dans les fusibles. Là qu'il était seul, grommelait-il entre ses dents? Peut-être. …
La lumière ne revenait toujours pas, Mulder commença à aboyer. Fort.
En haut des escaliers de la cave -aucun des chiens n'avait le droit de descendre- il faisait tout pour attirer l'attention.
Avant d'arriver en Amérique, Lawrence avait souffert d'une grave dépression jusqu'à ce qu'il se décide à changer de vie. A renier beaucoup trop de choses de la première...
Il ne suivait plus aucune session de psychanalyse ici, trouvait un équilibre avec le bar. Le jeune homme pris néanmoins le choix des chiens pour ne pas risquer la rechute. Les animaux étaient formés à répondre aux situations de stress et savaient également reconnaître quand leur maître était face à un danger, notamment un malaise.
Des malaises, Lawrence en avait connu, quand il ne parvenaient pas encore tout à faire à contrôler les souvenirs, que les plus douloureux refaisaient surfaces. Plutôt que les accepter, son cerveau s'amusait alors à faire un black out, provoquant absences et évanouissements.

Il en avait eu quelques uns au tout début, à Castle Rock, depuis quelques années cela se calmait. Peut-être qu'en fait, la maison prenait le relais....
Mulder n'aboyait pas pour rien, aussi Lawrence le félicita d'une caresse et descendit, prenant bien garde à ne pas se rompre le cou dans le noir.
Caïn était là, à terre. Bien....
Réagissant froidement, Lawrence posa deux doigts contre sa jugulaire, lui prenant le pouls. Il y avait un battement, un battement régulier.
Toujours sans céder à la panique -et dans son dos, les yeux des chiens le suivaient, prêts à intervenir si jamais leur maître perdait les pédales-, il tapota la joue de Caïn.

”Debout, Lad, si tu veux dormir ici je te défais le canapé, inutile de camper dans la cave.... Tu émerges, pas de douleurs en respirant? Bien...Allez, passe ton bras là, je te remonte.”

Lourd, musclé, Caïn présentait une silhouette plus imposante que Lawrence. Cela n'empêcha pas l'Anglais de porter son voisin jusqu'au salon pour l'étendre sur le canapé. Rouge -pas en sueur, trop inconvenant encore une fois-, il mit sur la table devant lui la part de tarte et la tasse de tisane, avant d'allumer une bougie.

”Je ferai venir quelqu'un demain.... Reprends des forces.”
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