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 Je te jure, je ne te ferai pas le coup de la pizza !

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ft. : Elodie Yung


MessageSujet: Je te jure, je ne te ferai pas le coup de la pizza !    Mar 12 Juin - 20:42

Je te jure, je ne te ferai pas le coup de la pizza !  



« Tu es de sortie ? Encore ? » m’interroge mon oncle qui ne sait comment cacher son étonnement. Des années que je trouve refuge à Castel Rock, mais rares sont les fois où j’abandonnai mon parent à sa solitude une fois la nuit tombée. Je déteste cette ville – elle ne m’inspire aucune confiance – et, non négligeable, je n’ai jamais apprécié la compagnie de mes semblables. À New York, mes amis se comptaient sur les doigts d’une main, par souci de préservation en général. S’ouvrir aux autres, c’est leur offrir le bâton pour nous battre. Aujourd’hui plus qu’hier – faut-il que j’en remercie mon époux – je veille à m’affranchir de ces douleurs prévisibles. J’estimais avoir eu mon lot d’emmerdes pour cette vie et pour la suivante. Pourtant, tandis que j’enfile ma veste sous le regard anxieux de mon oncle, je m’apprête à confirmer mes règles par son exception : Jakob. Rencontré il y a moins d’un mois, rien ne présageait que je ressentirais pour lui une telle sympathie. A première vue, le pilier de comptoir se résume en trois mots : rustre, bougon et grossier, autant de qualités utiles à fuir sa compagnie comme la peste et le choléra réunis, autant témoignant d’une profonde entaille, d’une plaie qui saigne encore. Laquelle ? Je l’ignore. J’en suis toujours à gratter le vernis du bois dans lequel il est sculpté et ce n’est pas de tout repos. Je dois composer avec sa mauvaise humeur et négocier avec ma patience pour déterrer les trésors que recèle sa personnalité. Jakob, il ne plie pas. Sa carapace ne se fissure jamais – ou pas assez souvent – si bien que je suis réduite à l’état d’eau stagnante qui attend la brèche où s’engouffrer. « Il baissera bien la garde un jour ou l’autre » dois-je me répéter lorsque mon entreprise me paraît vaine et que je crève d’envie de l’envoyer paître dans d’autres pâturages. Je suis également forcée de me souvenir qu’il ne m’a rien demander, le bougre, rien de plus que de la tranquillité ou la paix, selon son humeur. Si je m’accroche à ses pantalons comme une enfant pleurant sa mère, c’est de mon propre chef et davantage pour moi que pour lui d’ailleurs. L’aider – il a assurément besoin d’une main secourable, j’en suis persuadée – n’est pas une manière de panser mes blessures ? Les miennes, celles qui me hantent. N’est-ce pas ma solution pour m’empêcher de ressasser mes mauvais souvenirs, pour m’éviter de broyer du noir, pour laver mon gosier du goût amer de l’échec de ma vie, de mon mariage ? « Bonnie ? Tu m’entends ? » Inquiet par mon étrange silence, Dick me tira de mes pensées si brusquement que j’en sursautai, ce qui éveilla sa curiosité. Il m’assomma de questions qui m’arrachèrent un sourire. Ma trentaine était bien entamée déjà. Je n’avais pas tant de comptes à lui rendre, mais je le rassurai de quelques explications qui atteignirent leur cible. Ainsi je m’en allai le cœur plus léger, chantonnant les airs populaires diffusés par la radio de ma voiture. Je ne coupe la musique que pour me stationner devant le seul bar en ville où il fait bon vivre et où s’échoue le mystérieux Jakob.

Si je fus surprise pas son absence ? Plus ou moins. Nous n’avions pas rendez-vous, je n’étais pas supposée le rejoindre ni l’attendre. Je le fis néanmoins. Je demeurai au comptoir près de quinze minutes durant lesquelles je discutai de la pluie et du bon temps avec le propriétaire, quinze minutes pour me décider à rebrousser chemin jusqu’au magasin de mon oncle, à y récupérer une bouteille de vodka, une autre de whisky et de reprendre la route vers l’appartement de Byrne. Je l’y avais déposé une fois, le soir de notre rencontre, parce qu’il était ivre et que je refusais d’assumer une quelconque responsabilité morale si, d’aventures, il ne rentrait pas entier. Était-il entendu que je m’y invite pour autant ? Grand Dieu non. Je n’avais aucune légitimité pour envahir l’intimité de sa demeure. Ceci étant, maintenant que j’étais là, juste devant son appartement, il n’était pas question de renoncer. Il convenait plutôt de prendre mon courage à deux mains, de soupirer pour me donner du coeur, de frapper à la porte et d’afficher mon plus beau sourire de circonstances. Je cognai le bois une fois. Pas de réponse. Une seconde. Toujours rien. Une troisième, en dépit de cause, pactisant avec ma raison pour ne pas insister plus lourdement. Ma paranoïa présumait qu’il m’épiait depuis l’œil de bœuf et qu’il choisissait sciemment de ne pas m'accueillir. Pour peu, je m’en serais vexée. Au lieu de ça, je m’en amuse. « Allez, ouvre, ne fait pas ta mauvaise tête.» tentais-je en tenant pour acquis que mes présomptions étaient justes. « Je suis sûre que tu es en train de pester parce que tu n’avais pas envie de me voir, mais je suis certaine que tu ne pourras pas résister à ça. » Je brandis devant le judas les breuvages qui n’avaient pas pour but de le sous-entendre alcoolique, mais qui me servait de prétexte pour m’imposer. « Non ? Ça ne te décide toujours pas ? » Je me sens soudainement ridicule et je recule d’un bas, dépité, concevant à quel point cette mascarade était burlesque. « Même pas si je te promets de rester juste le temps d’un verre ? Je te jure de ne pas te faire le coup de la pizza à commander parce que je crève de faim. » déclarais-je en piquant un fard avant qu’il me pousse une idée, non pas lumineuse, mais qui pourrait être efficace. « Bon, très bien, je m’en vais. Je dépose ça là, quand même, au cas où tu seras à sec… » J’abandonnai les bouteilles sur le paillasson et je conclus en saluant mon interlocuteur imaginaire, feignant d’abdiquer. En réalité, ce n’était qu’une ruse, car je me dérobai à son potentiel regard, me planquant derrière le mur à l’intersection du palier menant aux appartements et à l’ascenseur.  





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ft. : Luke Mitchell


MessageSujet: Re: Je te jure, je ne te ferai pas le coup de la pizza !    Mer 13 Juin - 20:56

JE TE JURE, JE NE TE FERAI PAS

LE COUP DE LA PIZZA !  

Jakob & Bonnie

Il avait ragé contre la nullité des programmes de la télévision, buvant une gorgée après l'autre, jusqu'à ce que miraculeusement, le contenu lui semble de plus en plus intéressant, pour un court instant du moins. Comme quoi tout pouvait s'améliorer, avec le bon taux d'alcool. Tout pouvait s'améliorer, sauf sa vie. Il le savait, très bien même, depuis longtemps, depuis trop longtemps. Il aurait dû comprendre, ça n'aurait pas été très difficile, il avait été au première loge des tragédies de la bouteille depuis sa plus tendre enfance. Il avait vu la médiocrité de son père alcoolique et celle de son incapable de mère, qui buvait pour oublier qu'elle essayait de s'oublier. Il aurait mieux valu qu'il en reste loin, mais il avait toujours bu, pas autant que durant les deux dernières années, mais ça faisait partie de son histoire, c'était son poison. Si bien qu'il avait finit par en devenir presque tolérant, moins vite il sentait l'engourdissement, moins vite il avait l'impression d'oublier. Il s'habituait, il pouvait presque fonctionner normalement, même après des litres. Ça le faisait chier, putain oui. Si même ça, ça ne suffisait pas à l'éloigner de sa perfide réalité, qu'est-ce qui allait le faire? Finalement énervé par les paroles diffusées du téléviseur, car même sur un écran les gens étaient insupportables, il finit par couper le son, avant de s'allonger sur le canapé, fixant le plafond, presque qu'avec l'espoir que ce dernier finisse par s'écrouler et qu'il y passe. Ne serait-ce pas tellement plus simple? De juste mourir bêtement écrasé par un putain de plafond? Ce serait beaucoup plus simple que de trouver le sommeil en tout cas, beaucoup plus simple que de trouver la motivation de se lever pour aller se faire quelque chose à manger, beaucoup plus simple que de faire quelque chose d'utile de son existence. Par chance, Silas, son colocataire, n'était pas là, il allait donc être libéré des possibles commentaires et opinions de ce dernier. Ce n'était pas qu'il était vachement chiant le petit, mais il était carrément chiant, et pas si petit que ça non plus pour tout dire. Il était d'un insupportable optimisme et ça lui pourrissait la vie. Oui, Jake avait horreur des gens déterminés à lutter contre le mal, à s'entêter à voir le bien partout où il n'y en avait pas. Il ne fallait pas être très malin pour comprendre que cette ville s'irriguait presque littéralement par le sang. Il ne fallait pas se mentir, la seule chose qui pouvait y subsister c'était la gangrène. Le reste, était voué à crever.

Quand finalement on frappa à la porte, Jake redressa la tête, silencieux, se préférant mort qu'assez vivant pour se donner le mal d'aller ouvrir. Qu'importe qui était derrière le battant, il était forcément indésirable. Jake attendit donc, jusqu'à ce que l'insistance l'emmerde presque autant que la perspective d'un visiteur. Il se força alors à se lever, pour aller jeter un coup d'œil à l'harceleur. Harceleuse dans ce cas-ci. Cette femme. Elle avait bien raison, Jake pestait intérieurement, il n'avait pas la moindre envie de la voir. Il pesta encore plus quand elle brandit les bouteilles d'alcool. Le piège. Comme s'il allait se laisser avoir, même vodka et whisky n'allaient pas le convaincre d'ouvrir sa porte à cette casse-couilles de première. Il secoua la tête et recula d'un pas, quittant l'œil de la porte. Pour qui se prenait-elle hein? Ce n'était pas parce qu'elle l'avait aidé une fois, qu'elle avait le droit de débouler devant sa porte comme une saleté. « Bon, très bien, je m’en vais. Je dépose ça là, quand même, au cas où tu seras à sec… » Cette fois, Jake roula les yeux, se doutant bien du stratagème. Il en avait vu d'autres, il en avait vu des biens plus folles qu'elle. « Tu crois sérieusement que je vais avaler que t'es parti? » Il brisa le silence, juste avant de tourner le verrou pour ouvrir la porte. Il croisa aussitôt les bras, laissant son regard rencontrer le sien. « Bonnie...» Notons ici qu'il se rappelait de son prénom, ce qui était déjà un miracle en soi. « ...je te déteste pas, je suis juste pas nécessairement excité par ton existence, tu piges?» Also known as : tu dégages, merci. Il se doutait pourtant bien qu'elle n'était pas au pas de sa porte avec l'intention de repartir comme elle était venu. Il finit donc par soupirer, baissant les yeux vers les bouteilles. « Mais je vais faire une exception, pour elles. » Jake se pencha alors pour récolter les deux tentatrices au sol, faisant signe de la tête à Bonnie, afin de l'inviter à entrer. « Surtout, fais pas comme chez-toi. » Il ne manquerait plus qu'elle s'installe et réclame un tiroir. Les meufs, fallait s'en méfier, elle débarquait un jour avec une pizza, et trois jours plus tard, elle empruntait votre brosse à dent. Jake s'avança jusqu'au comptoir pour y déposer les bouteilles, s'affairant déjà à ouvrir celle du whisky. « T'apportes surement pas de la gnôle pour que je me saoule tout simplement, alors vas-y, crache le morceau, c'est quoi ton cheval de Troie? »
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MessageSujet: Re: Je te jure, je ne te ferai pas le coup de la pizza !    Jeu 14 Juin - 21:57

Je te jure, je ne te ferai pas le coup de la pizza !  



« Ah, je savais bien que tu finirais par céder » fanfaronnais-je tandis qu’il manifestait enfin sa présence. J’avais raison : il était bel et bien là, derrière sa porte, à m’observer sans daigner l’ouvrir. J’en étais à peine surprise. C’était prévisible, quoique je m’interrogeais tout de même sur les causes de son aversion à mon égard. Avais-je dit ou fait quelque chose de contraire à son éthique, de désagréable à son ego ? Je n’en avais pas le souvenir. Se pourrait-il alors que le loup refuse la vie en meute pour errer en solitaire ? C’était ma théorie le jour de notre rencontre. Elle s'affina grâce aux suivantes, aussi peu fortuites soient-elles, et elle se confirmait aujourd’hui. Nul n’aime l'isolement à ce point, à moins d’être dégoûté de sa propre personne, raison potentielle le poussant sans doute à boire plus que de raison. Pour peu, je me sentirais coupable de l’avoir appâté en cultivant son vice. Sauf que la fin justifie les moyens et j’étais bien trop intriguée pour me garder d’un tel stratagème. « Ce qui signifie qu’à défaut d’être excité par mon existence, ma présente ne te dérange pas tant que ça. Appel de l’alcool ou non, j’aurais bien fini par rentrer chez moi tôt ou tard. J’affirme ainsi que, MOI AUSSI, je suis contente de te voir, Jakob. » le taquinais-je tant par les mots que par un œil moqueur pour enchaîner de suite, avant qu’il ne réplique. « Non ! non, non ! N’ajoute rien, ne dit rien, j’aime cette idée. Donc, on est sympa et gentleman pour une fois, et on ne contredit pas la dame. Ça ne t’apportera rien. » Tout du moins, rien qu’il semble honnêtement désirer. Une remarque de plus ne m’inciterait pas à partir de toute manière. Au contraire, puisqu’il m’invite, je le suis dans son appartement sans attendre mon reste en salamalecs.

Je n’avais pas besoin qu’il me salue, qu’il m’inonde d’une joie factice ou de politesses hypocrites. Sa mauvaise humeur que je ne qualifierais pas pour autant de mauvaise grâce me convenait bien. Il était ou paraissait assez authentique pour me chasser si son cœur le lui dictait, et ce, qu’importe le nombre de bouteilles offertes, en cadeau. « Surtout que je te rappelle que tu viens quand même de m’inviter à rentrer. » Certes, je le narguais un peu, mais ce n’était pas méchant. Tout ceci n’était que plaisanteries afin de le mettre en boule. Il y a quelque chose de divertissant dans nos joutes verbales, quelque chose d’attrayant également. Je m’en donnais à cœur joie, car il y répondait toujours. « Tu sais, je suis déçue. Moi qui espérais prendre une douche, vider ton frigo et poser mes pieds sur la table basse, je suis déçue. Rassure-moi, j’ai le droit d’enlever ma veste au moins ? Je te promets, je suis toujours habillée là-dessous et j’ai bien l’intention de la récupérer en repartant. » Question rhétorique. Je m’exécutai, tentant surtout de détendre l’atmosphère un minimum, non pas que je sois mal à l’aise, mais quitte à m’imposer, autant essayer de passer une bonne soirée et d’en profiter pour en apprendre davantage sur ce personnage.

On raconte qu’une décoration en dit plus sur l’occupant d’un lieu que ses vocables calculés. Je jetai donc un œil autour de moi, curieuse et insatisfaite. Aucune information susceptible de m’intéresser. C’était un peu comme s’il ne s’était jamais installé et je fus forcée de lutter contre ma spontanéité pour lui dérober ma déception. « Tu vis seule, ici ? » tentais-je en approchant du bar derrière lequel il s’affairait à ouvrir la bouteille de Whisky. Me hissant sur un tabouret, je l’observai, réclamai poliment un verre pour moi – dans l’éventualité où il m’oublierait volontairement afin de se venger de mon intrusion – quand survint soudain une question. Que dis-je, LA question ! Qu’est-ce que je foutais ici ? Par quelle audace avais-je osé me pointer chez lui, sans prévenir ? « Mais, tu te rends compte ce que tu insinues ? Franchement ! Je ne peux pas passer juste pour partager ma gnole avec un ami ? Qui n'en est pas un, bla bla bla... je sais. Il n'empêche que c'est indigne de ce que je suis ! » J’aurais bien ajouté une remarque goguenarde, mais l’heure n’y était pas vraiment. Je m’étais déplacée parce que je m’inquiétais pour lui, à cause de sa désertion du bar. Les semaines précédentes, je l’y avais croisé plusieurs fois, pour ne pas dire régulièrement. Or, cette semaine, il était resté aux abonnés absents. Difficile de ne pas me faire un sang d’encre. Difficile également de ne pas l’admettre sans avouer qu’indirectement, j’y étais allée pour le voir et que je l’y avais cherché. Ça présagerait deux hypothèses et d’aucunes ne me convenaient. « Je m’ennuyais. J’ai trouvé ces deux orphelines qui traînaient seules dans le rayonnage, je me suis dit que ce serait une bonne idée de passer les boire avec toi. C’est aussi simple que ça. » Honnêteté serait d’admettre que j’aurais préféré qu’il soit bête et moins perspicace. Je l’aurais volontiers endormi d’un bobard. Là, je tentai surtout de sauver les meubles sans grande conviction. « OK. Disons que je suis passée au bar avant ça, que je ne t’ai pas vu et que je déteste le gaspillage, c’est tout. » Embarrassée, je jouai avec mes doigts avant de détourner la conversation sur ce qui m’intéressait réellement : « D'ailleurs, pourquoi tu n'y vas plus ? Tu t'es pris le bec avec le patron ? C'est un gentil garçon pourtant. »


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MessageSujet: Re: Je te jure, je ne te ferai pas le coup de la pizza !    Dim 17 Juin - 10:21

JE TE JURE, JE NE TE FERAI PAS

LE COUP DE LA PIZZA !  

Jakob & Bonnie

Est-ce qu'elle sous-entendait, quelque part à travers son enthousiasme  agressant, qu'il était content de la voir là? Si c'était une prédiction qu'elle avait tiré aux cartes, elle allait devoir changer sa liseuse de bonne aventure, car elle en était une bien mauvaise. Bon, évidemment qu'au fond, elle savait bien qu'il n'avait aucune envie de la voir débarquer, elle n'était pas si stupide, quoique...Non, elle ne l'était pas. Les bouteilles d'alcool en était sa preuve. On appâte un chien avec un os, comme un alcoolique avec de l'alcool. Bien que cela dit, il n'appréciait pas de se qualifier ainsi. Il ne se considérait pas comme un "alcoolique", et ce même s'il en avait tout les qualificatifs. À son sens, les alcooliques étaient des poivrots, des types qui perdaient le contrôle sous l'alcool, le contrôle d'eux-mêmes et le contrôle de leur consommation, ce n'était pas son cas à lui. Même avec un taux d'alcoolémie dans les veines à en faire pâlir une distillerie, il ne laissait pas tomber son masque, il continuait de savoir où il mettait les pieds et quand il devait s'arrêter (en général, quand il était aux portes du coma était un bon moment). Certes, il pouvait se montrer plus bavard parfois, plus facile à faire parler, mais il contrôlait quand même les mots qui franchissaient ses lèvres. Il était incapable de lâcher prise, voilà tout. Jakob laissa donc Bonnie caqueter son optimiste pour se diriger vers le comptoir de la cuisine. Après tout, comme elle le proposait si bien elle-même, l'heure était pour lui de se montrer gentleman en n'ajoutant aucun commentaire. Évidemment, ça ne dura pas bien longtemps. Cette femme était agaçante et il se devait de le dire d'une façon ou une autre, si ce n'était pas déjà assez évident dans son regard. Il lui servit d'ailleurs un regard qui devait faire pas loin de dix pieds de long quand elle lui demanda si elle avait au minimum le droit d'enlever sa veste, jurant de son habillement. Portant la bouteille de whisky à ses lèvres, comme un pas de classe, il feignit un sourire. « T'aurais été à poil, ça m'aurait pas empêché de foutre dehors, prends-en note, si jamais tu décides de le tester. » Non pas qu'il doutait de la beauté que pouvait avoir cette femme, mais la beauté n'avait simplement rien à voir là-dedans. Étrangement, à travailler avec des prostituées pendant très longtemps, il avait finit par voir au-delà du physique, ce qui était un comble quand même.

Pour ce qui était de la raison de sa présence, c'était un peu bas de sa part de mettre ça sur la faute de ces deux orphelines de bouteille. Elle allait devoir trouver mieux que ça, ce qu'elle fit d'ailleurs, se résignant à l'honnêteté. Ce qui en soit, n'était pas tellement mieux une fois les comptes fait. « Je vais plus au bar, parce que j'ai arrêté de boire. » Dit-il tout en buvant une autre gorgée de son whisky. Trop peu pour les bonnes résolutions. Il avait effectivement arrêté de boire, pendant pas loin de deux heures, 26 minutes et 31 secondes. Puis, il s'était dit merde. Après ça, qu'on ne vienne pas l'accuser de ne faire aucun effort pour reprendre sa vie en main. « Je me prends jamais le bec avec personne non plus. » Ce n'était pas son genre. Il était trop charmant pour s'attirer ce genre de grief, surtout pas avec un vendeur d'alcool, il les tenait en haut respect, malgré les apparences. « Mais c'est gentil de ta part, la prochaine fois que tu t'inquiètes pour moi, s'il-te-plait, ne le fais pas. » Tout en disant, il glissa la bouteille vers elle, installée sur le tabouret. Un verre? Les verres c'étaient pour les gens raffinés, et il n'en faisait par partie. « J'ai un colocataire si ça t'intéresse vraiment de le savoir. Et toi, t'as pas un mec a emmerder quelque part? » Il était tout pour les relations en dépit de ce qu'on pouvait croire, parce qu'il n'y avait rien de pire que des gens célibataires en quête d'amour. Cette réponse à une question qu'elle avait posé plus tôt était certes à retardement mais au moins elle venait meubler le silence, bien qu'elle restait assez concise pour démontrer son laque d'intérêt à faire la discussion.
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