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 Hello There - Benjamin

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ft. : Harry Lloyd


MessageSujet: Hello There - Benjamin   Mar 19 Juin - 11:10

Hello There



Les bras chargés de cartons vides, ceux de la livraison de la veille que Lawrence n'avait pas eu le temps de jeter du fait d'un rush au bar, le jeune homme remarqua la grande silhouette un peu plus loin.
Il n'y prit pas garde, le temps d'atteindre son box à ordures et de se débarrasser de tout ça, il n'y prit pas garde non plus en retournant à l'intérieur pour se laver les mains, appuyer sur la cafetière et prendre une tasse d'espresso.
A cette heure ci, le pub était vide. Cela ne durerait pas,mais Lawrence appréciait le calme avant que ne commence le vrai travail...
Il retourna sur le perron, tasse à la main. La silhouette était encore là, avait bougé. S'était questionnée, certainement. Entrer, disparaître?
Il connaissait cet homme, un peu, grand corps et yeux sombres, yeux d'enfant aussi un peu. Lawrence inclina la tête dans un salut amical:

”Entrez-donc, venez. La première consommation est pour moi, peut-être même la seconde...Vous m'accompagnerez bien avec mon café, non?”

Sans laisser le temps à l'autre de répondre, Lawrence se réengagea dans le pub, tirant au passage un tabouret à l'attention du brun.

”Inutile d'être timide, dites-moi plutôt ce que vous buvez. Et ne vous inquiétez pas pour la dernière fois, ça peut arriver à tout le monde et vous n'avez pas besoin de vous justifier. J'espère juste faire de cet endroit un lieu plus agréable pour vous à l'avenir.... “

Tout en parlant, il sortit une boîte de biscuits secs d'un placard, réservé à sa consommation personnelle ainsi qu'à celle des personnes venant l'aider de temps à autres. En vérité, personne d'autre que Lawrence n'oserait toucher à ladite boîte pour la simple raison qu'un grandiose portait d'Elizabeth II en ornait le couvercle. Apparemment, cela avait le pouvoir de faire fuir, chose que Lawrence ne comprenait pas.
Dans un des oins de la pièce, un chien se leva. Scully.
La chienne akita considéra Benjamin du regard, s'assit sur son séant et posa une patte autoritaire sur le genou de l'homme. Dressée pour répondre aux situations de stress, Scully semblait tenter -d'un point de vue extérieur- d'apaiser le grand brun. L'air sérieux de la chienne pouvait aussi laisser penser qu'elle lui ordonnait de se calmer pour se mettre dans son emprise toute-puissante. De caractère, la chienne semblait proche d'un chat parfois....

Lawrence déposa les sablés sur le comptoir entre Benjamin et lui, en saisit un et croqua avec enthousiasme dedans. Par pure sorcellerie british, aucune miette ne se déposa à la commissure de ses lèvres, pas plus que sur le col de sa chemise ou sa cravate. Il prit le temps d'avaler avant de parler à nouveau.

”Comment allez-vous, d'ailleurs? Mieux, j'espère.... Sinon vous m'en voyez navré. Au fait, je suis Lawrence, le barman comme vous pouvez deviner.”


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ft. : Adam Driver


MessageSujet: Re: Hello There - Benjamin   Jeu 21 Juin - 8:10

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Les petites villes...Ben n'aimait pas beaucoup les patelins du genre de Castle Rock où tout le monde se connaît plus ou moins, où la plus petite nouveauté fait frétiller tous les habitants, où tout se sait, où tous ont un avis sur autrui. Violent constraste d'avec Orlando qu'il avait quitté il y a moins d'un mois. Dans les grandes villes, les gens sont pressés, stressés, égocentrés, n'accordent que peu d'attention à leurs semblables dont les traits leur sont inconnus ou pas familiers. Si Benjamin se fait repérer, il peut toujours se noyer dans la masse. Si Benjamin provoque une bagarre dans un bar, il peut toujours en fréquenter un autre. Mais ici...à Castle Rock...il ne fait nul doute que l'esclandre qu'il a généré il y a deux week-end a alimenté la sortie de l'office du dimanche et animé certains perrons où les commères s'échangent les derniers ragots. Du moins, jusqu'à ce qu'autre chose n'arrive.
Il pourrait quitter Castle Rock, après tout, sa vie entière n'est qu'une errance ponctuée d'escales plus ou moins longues, plus ou moins stables. S'il n'y avait pas cette force qui l'a attiré ici et semble le retenir en empoignant son sixième sens comme on serre la laisse de son chien, il l'aurait fait. Vendre la maison (encore). Remballer ses affaires (dont la plupart sont toujours dans des cartons dans cette éventualité). Transférer sa boîte postale (hors de question d'avoir son nom affiché devant son domicile) Aller s'inhumer dans une autre ville (mais bien plus grande cette fois-ci) Quel danger était tapi dans les entrailles de ce trou pour que l'idée de s'enfuir ne le tisonne pas déjà?

Il avait quitté la maison, après avoir gratifié Le Chat de félicitations pour la musaraigne que l'animal lui avait fièrement ramené, pour marcher dans les rues. Aucun but précis. Aucune destination fixée. Benjamin Fischer se contentait de marcher, d'aller là où ses pieds voudraient bien le porter. Il se sentait comme le (pire) capitaine de voilier refusant catégoriquement de libérer les membranes pour qu'un souffle s'y engouffre et le pousse vers un cap. Du peu qu'il sait de Castle Rock, l'histoire de cette ville est émaillée de drames plus ou moins sensationnels, plus ou moins rationnels. S'il se laissait aller à obéir à ses intuitions, il finirait devant un lieu où le surnaturel coule comme une rivière souterraine. Il en entendrait les grondements, peut-être des cris ou des dernières paroles, il serait assailli d'émotions et de douleurs qui ne lui appartiennent pas. Une foutue radio qui réceptionnerait le moindre parasite d'outre-tombe.
Lorsqu'il releva la tête du macadam, Benjamin réalisa qu'il était sur le trottoir opposé au bar où un abruti fini avait bien failli jetter son identité et son passé sur la place publique. L'ancien médium aperçut dans un premier temps la silhouette du barman qui avait du gérer l'échauffourée. Il y avait presque quelque chose de rassurant à voir cet inconnu s'affairer dans des activités banales et une pointe d'envie creva le coeur de Benjamin. Lui, il n'aspirait qu'à mener ce genre de vie, loin des fantômes, des esprits et des démons qui rampaient dans l'Invisible. Du perron où il buvait une tasse d'un liquide chaud, l'homme lui adressa un salut par-dessus cette route peu fréquentée pour le moment, l'invitant au passage à entrer. Politesse neutre et soignée. Aucune mention à la bagarre passée. Voix empreinte d'un léger accent qui paraissait britannique. Benjamin fronça les sourcils, dubitatif, tandis que l'autre regagnait l'intérieur du bar. Jetant un oeil à sa gauche et à sa droite, autant pour s'assurer de l'absence de véhicules que de passants, Ben traversa la route, s'arrêta à peine une seconde sur le trottoir. Hé! Hé! c'est pas vous que j'ai vu à la télé? Mais siiii, le gars qui... C'était foutu à ce moment-là. Et ça lui avait coûté pas moins de trente milles dollars de frais d'hôpital. Il poussa la porte du bar qui fit retentir un carillon clair. L'homme était derrière le bar et Ben nota le tabouret qui n'était plus aligné avec ses petits camarades.

Inutile d'être timide, dites-moi plutôt ce que vous buvez. Et ne vous inquiétez pas pour la dernière fois, ça peut arriver à tout le monde et vous n'avez pas besoin de vous justifier. J'espère juste faire de cet endroit un lieu plus agréable pour vous à l'avenir....

Benjamin ne put retenir un petit reniflement mi-figue mi-raisin à l'évocation d'une possible timidité. Mais la remarque acide resta bloquée dans son gosier lorsque l'inconnu enchaîna en mentionnant la bagarre qu'il avait déclenchée et le peu d'importance qu'il y accordait. Se hissant sur le tabouret, le visage fermé mais les sourcils froncés, il lâcha d'un ton neutre Je prendrais un café bien serré. Merci. avant que le cliquetis de griffes sur le sol lui fasse tourner la tête. Un akita trottina jusqu'à lui, les oreilles pointées dans sa direction, avec cette bouille toute en rondeur qu'ont ces chiens et ce sourire naïf qui apparaît lorsqu'il ouvre la gueule. Un vrai piège à gosses. Fischer plisse les lèvres avant de gratter machinalement l'arrière des oreilles du chien. Il est rare que les animaux viennent spontanément vers lui.

Comment allez-vous, d'ailleurs? Mieux, j'espère.... Sinon vous m'en voyez navré. Au fait, je suis Lawrence, le barman comme vous pouvez deviner.

La voix du barman attira de nouveau son attention. En apercevant du coin de l'oeil la boîte à biscuits, Ben eut la certitude que l'autre n'était, en effet, pas américain. L'amour des anglais pour la Couronne...c'est incompréhensible pour qui n'est pas britannique. Lentement, il leva son regard sombre sur l'inconnu. Et bien, Lawrence, c'est plutôt à moi de me confondre en excuses pour ce qu'il s'est passé. J'aimerais vous assurer que ça ne produira plus mais ça ne dépend pas que de moi.


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MessageSujet: Re: Hello There - Benjamin   Ven 22 Juin - 8:52

Hello There



”Permettez-moi de balayer vos excuses d'un geste de la main que j'espère, fort élégant” En fait d'élégance, Lawrence semblait bien plus chasser une mouche alcoolique à l'aide de ses phalanges, qu'accorder une grâce toute puissante. Ses lèvres s'étaient relevées un peu, un sourire fin, extrêmement fin, il fallait oser le regarder dans les yeux pour saisir alors qu'il brillait aussi dans son regard. Pas beaucoup, un peu.
De la froideur diraient certains, de l'hypocrisie pour d'autres.
De la pudeur, simplement.

”Je ne devrais pas dire ça, mais vous aviez certainement vos raisons. Je ne suis pas là pour juger, simplement pour intervenir avant qu'une bagarre ne devienne un lynchage public. Parfois, j'ai besoin de la police pour cela, j'en suis navré...”

De fait, il y avait quelque chose de penaud et confus dans l’attitude même du jeune homme. Il déposa devant Benjamin le café demandé et l'invita à se servir dans la boîte à biscuits. L'histoire de ce garçon étrange, Lawrence ne la connaissait pas, du moins pas comme ça. Si son goût morbide pour les forums étranges suites à l'accident -le meurtre, pensait-il toujours- de sa famille l'avait conduit jusqu'à la triste histoire de Benjamin Fischer, il ne connaissait pas son visage d'adulte, ne pouvait même pas l'imaginer comme un adulte.
Pour l'anglais, le médium était comme un curieux insecte coincé dans de l'ambre : il faisait partie des histoires d'horreur bien connues de l’Amérique à présent -du moins de quelques uns en Amérique-, ne grandirait jamais, n'en avait pas besoin puisque cette même histoire semblait...terminée?

Le poids des yeux sombres de l'homme face à lui, Lawrence n'y mettait pas de mots. S'il y avait une souffrance, elle était personnelle et l'Anglais trouvait fort impoli de déclamer des choses telles que “je sais ce que vous ressentez”. Il ne savait rien, chaque personne était différente d'une autre. La seule richesse de Lawrence provenait de son expérience propre, cela n'allait pas plus loin.

”J'ai eu du mal à m'habituer à la ville au début, elle n'a aucun charme mais.... je ne sais pas, peut-être que c'est pour cela que j'ai envie d'être ici?
Le deuil empêchait de voir la beauté des choses, vivre à Castle Rock, c'était ne pas être tenté de le rompre, de reprendre goût à la vie. Ici, Lawrence vivait, avait des amis, des qu'il estimait bien plus parfois que ceux restés en Angleterre avec qui il n'avait plus aucun contact. Il n'empêche que l'air portait quelque chose de vicié et pourri tout à la fois.
Que même la plus innocence des amitiés pouvait sembler malsaine.
Plus qu'un purgatoire, Castle Rock lui semblait un lieu d'attente. Attente de quoi? L'homme ne le savait pas encore....

”Je ne suis pas tout puissant mais si vous avez des consignes ou des demandes concernant votre....calme, ici, au pub, n'hésitez pas à me les transmettre. Si vous ne voulez pas qu'un certain profil de personnes vienne vers vous ou que sais-je encore? Ou si vous aimerez pouvoir disposer d'une table le plus au calme possible en venant.... “
Haussement d'épaule de la part de l'Anglais, un petit geste encore une fois, comme un souffle, comme une ombre. Lawrence bougeait dans une économie de mouvement fluide et permanente, semblait-il. Quelque chose en lui était présent et absent tout à la fois, peut-être le poids de ce qu'il portait, peut-être le poids de tout ce que lui aussi, il cachait.

”Ou même si vous voulez que le barman ferme sa gueule...”
Les grossièretés, il en disait peu. Lorsque cela était le cas, quelque chose transfigurait de lui, de l'adolescent qu'il avait été. Une silhouette un peu longiligne qui soudain se rêvait simplement fluette, comme revenue en enfance, comme avant l'appel de la police, celui pour dire que non, Lawrence n'avait plus de famille.
Il se rappelait aussi avoir voulu être grand, pouvoir séduire avec ça, pouvoir défendre sa petite soeur, l'embêter, l'emmerder, emmerder la plupart de ses jules à elle qui passaient et disparaissaient alors qu'elle méritait mieux, la musaraigne. Sa musaraigne.
C'était fini tout ça, ça devait s'oublier....
Quelque chose dans la présence même de Benjamin semblait appeler à la mélancolie bien que Lawrence ne sache pas réellement en quoi ou n'en prenne conscience. Cela était peut-être le temps, tout simplement....
Les deux hommes fuyaient un passé différent, ne l'acceptaient pas, là encore pour diverses raisons. Les deux hommes refusaient qu'on les mette un jour face à celui qu'ils avaient été.


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MessageSujet: Re: Hello There - Benjamin   Ven 22 Juin - 18:19

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La bienveillance est toujours quelque chose d'étonnant lorsqu'elle vient d'un inconnu. Plus particulièrement quand vous avez envoyé un des clients du dit inconnu à l'hôpital il y a quelques jours. Dans le pays des fusillades et des enfants pouvant être parqués comme des animaux, ce n'est pas trop dans les moeurs courantes. Ca doit être typiquement anglais. Est-ce-que Ben en éprouve une quelconque méfiance? Assurément. Méfiant, il l'est toujours car c'est toujours ce qu'on lui a conseillé de faire. Méfie-toi de l'Odeur, Ben, ça veut dire qu'ils arrivent. lui avait dit ce taré alors qu'il n'était qu'un môme ne sachant pas ce qu'il lui arrivait. Méfie-toi des autres, Ben, ils n'en veulent qu'à ton don. lui disait sa mère. Son envahissante mère toujours prompte à le protéger et le garder pour elle. Méfie-toi des voix, Ben, c'est le Malin. lui disait le prêtre de la paroisse maternelle qui l'aurait bien brûlé sur la place publique. Méfie-toi de certains esprits, Ben, tous ne veulent pas ton bien. lui disait la gentille médium Laurie mais ça ne lui aura certainement pas sauvé la vie. Les conseils font parti de l'éducation mais Ben en a été tellement suralimenté. La méfiance, la trouille, le danger. On lui a appris à ne croire ni les vivants ni les morts.
Alors, en entendant les premières paroles de Lawrence, Ben cherche déjà à justifier avec des preuves qu'il sait fallacieuses, cette méfiance qui ne le quitte pas. Personne n'est aussi tolérant sans rien attendre en retour. La question est maintenant de savoir quoi. Le barman se permet une petite remarque légère à laquelle Benjamin ne répond pas. Pourtant, il voit bien la tentative d'alléger l'aura plombée qu'il traîne autour de lui. Il voit une forme de compréhension tacite à son égard, de celle qu'éprouvent ceux et celles qui ont encore la joue qui brûle après une bonne grosse gifle de la part de la vie. Baissant les yeux sur la tasse de café, il tourne la anse vers la droite avant de la porter à ses lèvres et de boire une courte gorgée. L'odeur bien réelle du liquide noir balaie un instant son pessimisme accompagnant les paroles de Lawrence. Ce dernier ne lui tient pas rigueur de son dérapage qui devait être justifié, estimant qu'il n'est pas un juge et se contente d'éviter que ça tourne au tragique, quitte à devoir appeler la police. Navré qu'il est d'y avoir eu recours pour lui. Ben arque un sourcil en levant ses iris sombres sur le barman. Pourquoi en être navré? Vous avez fait ce que vous deviez faire demande-t-il sans attendre réellement de réponse avant de le laisser poursuivre.

Si Fischer ignore ce qui l'a attiré à Castle Rock et ce qui l'y retient, Lawrence se montre tout aussi circonspect pour la petite ville qui n'a "aucun charme" à ses yeux mais qu'il n'a pas envie de quitter. Plutôt singulier de tenir ce genre de propos à haute voix. Surtout après un échange plein de bienveillance et de tolérant. Benjamin ne peut s'empêcher de trouver que Lawrence semble soudain..."clignoter", passant en une seconde du barman faisant la conversation à un homme bien sombre. Mais il n'a pas tort, cet homme bien sombre qui ne doit pas se montrer à n'importe qui, n'importe quand. Il n'a pas tort du tout. Benjamin Fischer hoche doucement la tête révélant ainsi à Lawrence que son opinion, son impression, est au moins partagée avec un autre habitant. Pas besoin de libérer son sixième sens pour savoir que l'endroit est pourri jusque dans ses fondations. Le désespoir et la crainte se planquent derrière les sourires des habitants et les rires de ses enfants. Déambuler seul dans les rues, c'était retrouver la même trouille lorsque môme, votre mère vous souhaitait bonne nuit en éteignant la lumière...vous abandonnant dans les ténèbres avec ces choses auxquelles les adultes ne croient plus.
Et aussi soudainement qu'il était apparu, l'homme sombre s'esquive et Fischer retrouve le volubile barman anglais. Toujours avec cette prévenance définitivement pas "made in America", il invite le médium à ne pas hésiter à émettre des demandes afin que ses prochaines visites à l'établissement se fassent dans les meilleures conditions. Ben laisse filer un reniflement amusé quand ce dernier sous-entend que s'il desire qu'il la ferme et bien...il la fermera (ou pas?)

Pas de consignes particulières. A moins que vous ne soyez télépathe, ce dont je doute. Il boit une nouvelle gorgée avant de reprendre un ton plus bas. Il y a des paroles qui me mettent hors de moi. Littéralement. Et on peux pas prévoir qui va soudain se mettre à jouer au con. Ca commence toujours de la même façon. Quelqu'un lui demande la permission de lui poser une question. Permission qu'il refuse systématiquement sachant déjà ce qu'on allait lui demander. Mais tous les chats échaudés ne craignent pas l'eau froide. Permission quand même prise, ce qui est suffisamment pénible pour justifier de mettre les voiles. Mais quand le petit curieux prend d'autres personnes à parti et attire l'attention sur lui...s'ensuit un moment de flottement où le temps se dilate jusqu'à se figer. Sensation qu'un grondement lointain enfle. Enfle. Et si le vilain curieux insiste, la colère court-circuite toute pensée cohérente.  Mais un coin calme lorsque l'endroit est bondé, dos à la salle, serait bienvenu. conclut-il avec un demi-sourire avant de tendre la main au barman. Je m'appelle Ben.


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MessageSujet: Re: Hello There - Benjamin   Sam 23 Juin - 6:31

Hello There



La poignée de main qu'ils échangèrent fut ferme, amicale. ”Enchanté, Ben. Vous pouvez m'appelez Law, je ne m'en formaliserai pas.” Des mots sincères eux aussi, à l'image de ses gestes. Le barman était le genre d'homme capable de faire ce qu'il pensait et de penser ce qu'il faisait. Une honnêteté étrange qui ne l'empêchait pas de se laisser aller aux ombres parfois, comme l'autre homme avait pu le remarquer, sans que cela ne le définisse pour autant. Un jeu de masques qui n'était pas un jeu de dupes, peut-être cela n'était-il possible qu'avec Lawrence, mais cette vie lui convenait.
Il hocha la tête, sourit un peu plus. La réponse de Benjamin lui plaisait : un endroit au calme, dos à la salle. Cette dernière partie était intéressante, elle prouvait à Lawrence que le grand brun ne serait pas en état d'agressivité permanente dans le lieu un peu plus peuplé : il ne demandait pas à surveiller la salle, les allées et venues, les personnes capables de venir à lui ou non, au contraire. La disposition que Benjamin demandait indiquait juste qu'il voulait pouvoir être dans sa bulle, se couper des autres, ne pas en prendre compte.
A force de tenir le pub, Lawrence avait appris à analyser les comportements possibles selon les tables choisies. Cela aidait, notamment quand de rares touristes s'égaraient par ici et souhaitaient causer un peu d'animation.
Dans un geste souple, le barman quitta le comptoir. Non pas pressé, son pas était surtout rapide, il semblait glisser avec aisance dans ce lieu qui était son territoire, en connaissait chaque centimètre et , bien que devant se déplacer, n'entrait -il espérait- pas en collision avec l'espace personnel de Benjamin.
Dans ses mains, un carton “RESERVE”, il alla le poser à une table sur une encoignure, capable de répondre aux attentes de l'autre.

”Voici votre réservation permanente alors, s'il y a trop de monde à votre goût, venez vous installer ici directement.” Une autre table souffrait du même privilège, un box entier plutôt, le “bureau” du détective Hayes. Dessus aussi, le carton “RESERVE” ne bougeait pas.

”Bien entendu vous êtes libre de vous mettre ailleurs quand vous en avez envie. Le pub est grand et c'est une petite ville....”. Il y avait une salle à l'étage également, Lawrence n'avait pas encore trouvé le temps de l'aménager, encore moins le “comment” et le “pourquoi”. Un jour peut-être? Pour le moment le pub lui convenait tel qu'il était....

Un instant, un court instant, Lawrence parut sur le point de se craqueler encore une fois. De se tourner vers Benjamin et de parler, de vraiment parler :”C'est dur de penser à tout, hein? Ce que l'on va dire, comment les autres vont répondre et comment je devrais moi, répondre, après, pour qu'ils ne se doutent de rien, n'aillent pas plus loin... C'est puisant et ils ne comprennent pas.”
Son expérience n'avait rien à voir avec celle du médium, il ne protégeait pas une identité mais un deuil pour qu'un jour vienne la vengeance.
Ou alors si, peut être que cela ressemblaient un peu?
Ils protégeaient un traumatisme, l'un comme l'autre.
Bien entendu, cela, Lawrence ne pouvait le savoir. Il avait juste conscience du regard de l'autre, à la recherche de la moindre information pour alimenter chacune des questions dans sa tête, des protections. Un regard-radar, quant à savoir ce que Ben pensait réellement, ces secrets n'appartenaient qu'à l'autre homme.

Scully était retournée au panier, où Mulder ronflait déjà comme un bienheureux. La chienne n'estimait plus l'atmosphère du pub comme facteur de stress pour les deux personnes présentes. Personne dans la ville ne savait à quoi servaient les deux akita réellement, ni que Lawrence les possédait pour raisons médicales. On s'étonnait juste de leur race, le côté anglais du jeune homme laissant penser qu'il aurait -à l'instar de sa reine- suivi la voie des corgis lui aussi.
Cacher qu'il allait mal, s'occuper des autres pour oublier la solitude et le fait que personne ne s'occupait de lui.
Il avait des amis bien sûr, des amis proches, à la limite même de ce qu'il pouvait considérer comme une famille. Une limite qu'il ne les laissait pas franchir, pour le bien de son secret.
Ce secret qui prévalait face à son bien à lui, car il nourrissait ce désir de vérité face à l'accident-qui-n'en-était-pas-un.

”My my.... Pardonnez-moi, Ben, je m'égare dans mes pensées devant vous comme un rustre. Un autre café? Il sera peut-être plus réussi que le précédent.”


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MessageSujet: Re: Hello There - Benjamin   Lun 25 Juin - 9:09

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Tandis que le barman referme sa main sur celle de Benjamin, ce dernier entrouvre à peine sa muraille pour laisser entrer quelques impressions. C'est indiscret. C'est pas très respectueux. C'est parfaitement invasif. Et ce n'est franchement pas prudent. Mais le bienveillance de Lawrence contraindrait presque Ben à s'assurer que ce n'est pas factice. Il a presque envie d'y croire et de ne pas imaginer une quelconque duplicité dans cette attitude amène. C'est fatiguant de sans cesse se méfier, de toujours chercher le fil qui dépasse d'un ouvrage, le vice caché. Paume contre paume, sans se départir de son demi-sourire qui se veut engageant, le talent de Benjamin se focalise sur cette vie humaine qui lui fait face avec ses manières aussi feutrées que british. Le temps d'une inspiration, l'odorat de Fischer reconnaît l'effluve des fleurs fanées et de la cendre froide. L'odeur de la mort masquant à peine celle du gaz domestique. Avant que la douleur du deuil de ceux qui survivent et la terreur de ceux qui ont trépassé ne l'assaillent, Ben rappelle ce sixième sens et relâche doucement la main du barman.
A peine une seconde pour savoir que Law (puisque c'est ainsi que l'autre l'a invité à le nommer) a été confronté à un drame pas si éloigné dans le temps. Ce sont des blessures qui rendent les gens comme lui, qui créent des vengeurs, des dépressifs. Elles génèrent plus de victimes que de potentiels bourreaux.
Du regard, Benjamin suit le barman qui s'empare d'un carton "RESERVE" qu'il pose sur une table dans un coin, l'endroit idéal pour qui désire être dans un lieu fréquenté sans se mêler aux autres. Fischer n'est pas un provocateur et n'a nulle intention de faire des vagues ou d'infliger à Lawrence un nouvel esclandre. Les iris sombres passent du carton aux traits du barman. L'endroit choisi par ce dernier est Parfait. lâche-t-il avec un hochement de tête. Visiblement, il n'est pas le seul à bénéficier de cette attention de la part de Lewrence. Un peu plus loin, c'est tout un box qui est "réservé". C'est rassurant de voir que son intimité peut être préservée malgré la présence plus ou moins importante du reste de la clientèle. C'est rassurant de savoir qu'il a une position de repli éventuelle si l'affluence l'oppresse ou le rend nerveux.

Une fois encore, le ton de la conversation s'influe sensiblement lorsque Lawrence reprend la parole. Il "clignote" de nouveau, évoquant la difficulté des rapports humains lorsque l'on veut garder une part d'ombre ou un secret, être aux aguets partout, parler ou échanger mais sans réellement communiquer, avoir plusieurs répliques d'avance pour pallier à toutes les éventualités et réussir à noyer le poisson ou à détourner l'attention. Il y a bien plus que de l'empathie à l'égard de Fischer, bien plus que le fait de "faire la conversation". Il y a quelque chose de fondamentalement personnel dans les paroles émises durant ce court "clignotement".

Les joies de l'être humain et des rapports sociaux. soupire Benjamin en tournant les yeux vers les deux chiens. La plupart des gens ne font jamais attention au langage corporel avance-t-il avec une pointe d'amertume. Lorsqu'il en est venu aux mains avec l'uatre client, Fischer estime avoir montré de manière suffisamment ostensible qu'il n'avait pas envie de causer.  ...alors que eux... poursuit-il en indiquant d'un geste du menton le panier. Les animaux, ils savent quand venir à nous ou nous éviter.
Reportant son attention sur Law, Ben esquisse un sourire sincère lorsque ce dernier se confond encore en excuses. Nonchalamment, il hausse les épaules. Je reprendrais volontiers un second café. accepte-t-il en terminant le premier avant de repousser tasse et sous-tasse. Et ne vous excusez plus pour vos pensées. Surtout lorsque je les partage. Et tandis que l'autre débarasse et s'affaire, Ben pose sa première question. Ca fait longtemps que vous êtes à Castle Rock?


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MessageSujet: Re: Hello There - Benjamin   Mar 26 Juin - 13:34

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Ses rapports aux autres, Lawrence n'en disait jamais rien. Il y avait eu quelques pensées éparses à l'instant, mais elles n'avaient été que pensées, non pas mots de sons et de syllabes. Pourtant, Benjamin semblait les avoir entendu...
Une coïncidence, rien de plus pour Lawrence. Il ne s'en inquiéta pas, pas plus qu'il n'y prêta de l'attention. Par peur de la solitude, on donnait parfois aux autres des pouvoirs de compréhension qui n'étaient que le fruit du hasard...
Le ton du jeune homme lui plaisait, l'intelligence dans les mots, dans les yeux sombres.... Ca aussi Lawrence le respectait : par soucis de la foule et des regards, on préférait parfois taire tout cela, que la mélancolie ne cache rien d'autre qu'un vide, non pas un esprit. L'esprit de Benjamin était là, vif, à l'écoute, s'il y avait quelque chose de sauvage chez l'autre homme, il pouvait se faire apprivoiser pour autant comme le renard dans le conte de l'aviateur français.
Il déposa une nouvelle tasse de café devant son vis à vis, se resservit également.
Les animaux savaient, oui, et possédaient cette sincérité sans attache qui manquait aux hommes.
Celle de donner sans réclamer...

”Quelques années, pas encore dix ans mais ça viendra un jour.... Je ne trouve jamais le moment pour retourner à Londres, c'est idiot non? “
Une balle roula jusqu'aux pieds de benjamin. L'un des chiens s'était levé et le considérait avec un air de défi pour inciter le grand humain à lancer ladite baballe.
Les akitas semblaient apprécier le brun, de la même manière que leur maître. A présent, Lawrence souriait avec calme : il connaissait ce mensonge, celui de l'homme occupé. Il savait que sa famille était morte bien sûr, refusait de le reconnaître devant les autres.
De reconnaître son échec à avoir empêché cela ou bien à laisser le coupable courir toujours, impuni,
sans la moindre inquiétude.

”Et vous, d'où êtes vous originaire?” De nulle part, songea soudain Lawrence.cet homme est né déjà étranger.
Porter un poids sur soi, en soi, ne jamais le poser. Beaucoup le faisaient déjà bien sûr, lui-même, Ben, d'autres...et après? Chacun survivait à ses propres blessures comme il le pouvait.
Encore une fois, un des chiens tenta d'interpeller le médium avec la balle, joueur.

”Ils ne vous dérangent pas? Excusez-moi, j'oublie de vérifier..... En tout cas les deux vous apprécient.”

La tête lui tourna un peu, Lawrence préféra ajouter un sucre dans son café avant de le boire. Plusieurs fois déjà, il avait menacé de perdre le fil de ses pensées, de son mensonge, cela l'épuisait.
Et puis le jeune homme se nourrissait mal souvent, avait finalement peu de temps libre pour le repos. Il en payait le prix, mais qu'il se permette un soudain accès de faiblesse face à benjamin montrait également qu'à l'image des chiens, Lawrence était en confiance face à lui.
Il s'excusa d'un geste de la main, préféra s'asseoir un peu.

”Hum, pour une fois j'ai du faire trop d'efforts quelque part.... Ca change. Alors, pourquoi êtes vous venu ici, à Castle Rock je veux dire, une raison particulière? En dehors du fait que ce soit un lieu idéal pour le langage corporel....Ah excusez-moi, je n'ai pas vraiment un sens de l'humour très abouti.”


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MessageSujet: Re: Hello There - Benjamin   Jeu 5 Juil - 7:57

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Ainsi donc Lawrence est originaire de Londres. Et bien, en voilà un qui s'est sacrément éloigné de ses racines mais sans les oublier puisqu'il possède toujours un objet à l'effigie de la monarque britannique. Il n'y a bien que la Faucheuse qui est capable d'amener quelqu'un à s'enterrer vivant dans un patelin comme Castle Rock. Le cosmopolitisme de la capitale anglaise, son ouverture sur le monde, son modernisme sont à des miles (au sens propre comme au figuré) de la bourgade du Maine. Le barman poursuit la conversation demandant à Ben de où lui est originaire. Oh je suis de partout et de nulle part. Je n'ai jamais eu réellement d'attaches. répond ce dernier en buvant une gorgée du café posé devant lui. Enfant, Benjamin Fischer avait été toujours été ce môme étrange et sombre traînant des tas de rumeurs plus ou moins fondées à son sujet. Il entendait des voix, voyait des choses, devinait des trucs. Parfois, il avait un regard bizarre qui ne semblait pas appartenir à un enfant. Il effrayait les rares gamins qui osaient l'approcher tout autant que les adultes les plus bigots ou superstitieux. Et l'obscurantisme avait encore de beaux jours devant lui à Ludlow dans les eighties. Si sa mère l'avait cru dément ou déficient mentalement dans un premier temps, à l'instant où elle comprit ce qu'était vraiment son fils, elle ne le vit plus que comme un moyen de sortir de Ludlow et de s'enrichir. A l'âge où les étés, on se lie d'amitié avec d'autres gamins qu'on n'aurait jamais fréquenté à l'école, Ben avait été entraîné sur les routes. Pour ne plus revenir à Ludlow. Difficile de se sentir originaire de quelque part...Mais je suis né dans cet Etat. se sent-il obligé de répondre.

Le son de quelque chose de mou rebondissant sur le sol fait baisser le regard sombre sur une balle qui bute contre l'un des pieds du tabouret. Campé sur ses quatre pattes, un des chiens le fixe dans un premier temps avant de fixer la balle, les yeux brillants, la queue en panache remuant doucement. Lawrence s'excuse pour le comportement de l'animal qui décide de provoquer Benjamin en reprenant sa balle pour la poser sur ses genoux. Le médium tend la main pour gratter une tête velue.
Je suis moins enjoué qu'eux mais ils ne me dérangent pas. J'aime bien les chiens. Je les préfère aux chats et pourtant, j'en possède un depuis une semaine. Vous savez ce qu'on dit sur ces foutus félins...c'est eux qui vous choisissent. Pas l'inverse. Il ne s'expliquait toujours pas pourquoi il avait sauvé cet affreux chat errant qui traînait près de chez lui. En temps normal, il l'aurait repoussé à grands renforts de jets d'eau ou de répulsif mais avant même de le réaliser, il s'était retrouvé à baptiser l'animal noir et blanc "Le Chat" devant un vétérinaire qui remplissait des papiers d'identification. Fischer n'aimait pas ces animaux. Il portait encore les traces d'une attaque particulièrement acharnée de l'un d'entre eux. Ces bestioles ne peuvent pas être aussi sincères qu'un chien, il les a toujours considérés à la frontière d'entre deux mondes, passant de l'un à l'autre en en ramenant parfois "quelque chose". Les chiens lui paraissent bien plus ancrés dans le réel, trop fidèles aux humains pour céder à l'Invisible.
Un sourire glisse sur ses lèvres tandis qu'il lance la balle spongieuse dans la direction du second chien qui s'en saisit au premier rebond. Benjamin a droit à un bref jappement protestataire avant que l'animal file se recoucher dans son panier non sans adresser une oeillade presque blessée à l'autre canidé qui mâchouille sa "proie" avec possessivité.

Du coin de l'oeil, Ben aperçoit Lawrence pâlir subitement. Le barman réagit en ajoutant du sucre dans son café avant de s'excuser de nouveau prétextant "en faire trop". Le brun fronce les sourcils se demandant si ce n'est pas directement de son fait. Après tout, il l'a sondé de manière bien peu pudique il y a quelques minutes et sur quelqu'un en état de faiblesse ou de fatigue légère, cela peut être très mal reçu par certaines morphologies. Comme si cela était réellement bénin et anodin, Lawrence poursuit, interrogeant son unique client sur les raisons de sa venue à Castle Rock. Ce qui m'a amené ici... répète le médium d'un ton songeur. Et bien, il n'en sait rien lui-même. Une sorte d'appel, une résonnance lointaine presque irrésistible qui a profondément implanté en lui le sentiment qu'il devait venir. Il se passe "des choses" ici, des "choses" avec lesquelles il n'a pus trop envie d'avoir à faire mais qu'il ne pourra jamais complètement ignorer. Qu'il le veuille ou non, Benjamin Fischer appartient à ce monde. Pour en revenir à cet "appel", ce qui s'en approcherait le plus serait l'épisode où Ulysse se confronte au chant des sirènes qui ferait plonger quiconque l'entend dans des eaux noires et abyssales. Mais à l'inverse du héros d'Ithaque, Ben n'a ni équipage pour le soutenir ni mât auquel se ligoter. Juste sa volonté propre et une expérience suffisamment traumatisante pour le clouer au pont. Pourtant, il le sent. Il sent le surnaturel essayer de franchir ses barrières, le tenter, réveiller ce sens qu'il refuse de réutiliser. L'envie de voir si je peux survivre dans une petite ville? En vérité, je ne sais pas ce que je fais ici...à Castle Rock...mais je devais y venir. termine-t-il en insistant bizarrement sur le "je devais".


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MessageSujet: Re: Hello There - Benjamin   Ven 6 Juil - 15:05

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Désormais non plus derrière le bar mais devant, côte à côte avec Benjamin, Lawrence écoutait.
Souvent en retrait des autres de par son métier, de par son caractère aussi peut-être un peu, le jeune homme savait être témoin et silence tout à la fois de beaucoup de choses.
Comme n'importe quel autre être humain, il ressentait les choses, et par faiblesse, par timidité ou par pudeur, n'en parlait jamais.
Un court instant, Lawrence sentit l'abîme dans les mots de l'autre, le gouffre à ses pieds, à leurs pieds, l'haleine du monstre invisible qui n'était rien d'autre qu'une gueule géante avalant tout sur son passage.
Cette haleine avait l'odeur du gaz, mais le bar était solide, là, sous ses doigts, et Lawrence s'accrochait avec force. Il ne tomba pas...
Le jeune homme laissa le temps au silence de revenir, puis hocha la tête. Chaque geste semblait de trop, dans cette discussion aux enjeux simples: comprendre ou ne pas comprendre.
Lawrence comprenait, lui aussi avait du venir aussi, abandonnant tout de sa vie d'avant. Un appel quelconque, jusqu'à chercher une nouvelle définition de lui-même, loin de son univers estudiantin.
Une définition qu'il n'avait toujours pas trouvé, même aujourd'hui. Il était “le barman”, une occupation, pas une personne.
Un métier.
Si on lui enlevait le pub, si on lui enlevait sa tâche, que resterait-il de lui?
Encore une sensation de gouffre, encore un parfum d'ozone et de néant.

”Alors c'est que vous ferez ici quelque chose qui a un sens, peu importe pour qui, peu importe pourquoi ou à quelle échelle.” Des mots simples, ponctués par un haussement d'épaule. Dans les yeux du barman, une vision de l'univers, le monde était Castle Rock et rien d'autres et les autres villes dans lesquelles il s'égarait parfois selon ses aventures, des étoiles éphémères. Désormais, pour lui, Benjamin faisait partie de l'univers.
Lui-même ne faisait que tenir un bar, mais ici des gens se réunissaient, le lieu avait un impact sur leurs vies, et donc Lawrence aussi.

”Un...ami à moi a tout perdu un jour.” Et la voix du barman continuait à posséder quelque chose de doux et d'enjoué.”Jusqu'à l'envie d'avancer, nous ne pouvions rien faire. Un jour, il a compris qu'il devait aller quelque part, je crois que depuis, pour lui
ça va mieux. Pour vous aussi, ça ira mieux, Benjamin ou alors les choses seront juste...je ne sais pas...différentes?”


Il ne put s'empêcher de rire un peu, un éclat bref, ni trop marqué, ni trop fort. Jusque dans ses
courtes hilarités, Lawrence possédait un savoir-vivre venu d'ailleurs.

”Vous parlez des chats mais vous semblez un peu comme eux : vous aussi vous choisissez avec qui vous voulez être. Ma foi, peut-être que celui que vous avez recueilli aura des choses à vous apprendre? Il y a de drôles de leçons dans la vie parfois. J'aimerai dire que je ressemble à mes chiens, mais ils sont plus intelligents que moi et eux, ils savent comment aider les gens. C'est pour ça que je les ai pris, pour qu'ils m'aident...”

Le mince filet de voix se tarit alors, Lawrence comprenait qu'il parlait trop. Ce n'était pas bien, le jeune homme se protégeait mieux que cela d'habitude mais...mais quoi?
Lui aussi était arrivé à Castle Rock dans un état déplorable, lui aussi avait pensé n'être que de passage, au fond.
Il restait, sa vie n'était pas plus heureuse ou joyeuse mais il restait, n'était plus seul, plus vraiment.

Comme en réaction au stress, à la conversation, à l'étrangeté qui s'en découlait, Lawrence ne pu empêcher un réflexe. Celui de retourner derrière le bar, d'ouvrir la porte de la petite cuisine.
De vérifier le gaz.
Une fois, deux fois, trois fois.
Quatre fois.
Un toc, pour vérifier que tout était bien fermé.
Un toc, ses mains tremblaient.
Il avait beaucoup parlé, faisant tomber l'armure pour ne pas blesser Benjamin, pour le rassurer.
C'était lui, qui avait été touché.

”J'ai toujours l'impression que le mécanisme déconne...vous ne sentez rien?”

Un monstre, gueule ouverte, pouvait toujours être proche, tellement proche. Jusqu'à ce qu'il ne soit trop tard....
                                                                                                                               


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MessageSujet: Re: Hello There - Benjamin   Sam 14 Juil - 12:49

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Il devait venir à Castle Rock. Son correspondant anonyme qui l'avait mis sur la piste de cette ville savait que même si Fischer se tenait farouchement éloigné de tout ce qui ne pouvait pas être expliqué par la science, il ne pourrait jamais parfaitement se couper de ce monde invisible. Il possédait cette faculté à s'y connecter, il y appartenait. Après tout, même une personne sur la liste rouge téléphonique reste un abonné à ce réseau. Et en cherchant bien, on pouvait remonter sa ligne. Ferré comme un poisson, Benjamin Fischer avait eu beau résister à cet appel du mieux qu'il le put, il finit par se trouver des raisons de venir dans le Maine. Habitué des déménagements, le médium avait été surpris lorsque les verrous administratifs ne souffrirent d'aucuns retards. Il vendit son appartement à Orlando la veille d'acheter la maison à Castle Rock. Tout se goupillait de manière trop parfaite, trop facile. A croire que l'univers en entier poussait Fischer à s'établir dans ce trou.

Lawrence ne parut pas réfractaire à cette idée de "devoir" irrépressible. Simple courtoisie ou réel assentiment, le barman alla jusqu'à prophétiser que Ben avait forcément quelque chose à faire ici. Tout ceci avait un sens. Un sens qui lui échappait pour le moment mais qui se révèlera à lui en temps voulu. Mouais...peut-être. marmonne-t-il avant de boire une gorgée de café, loin d'être apaisé par ces paroles qui signifiait qu'il devrait utiliser de nouveau son don. Sortir du placard. Se pourrir encore l'existence. Etre de nouveau confronté aux regards égarés d'anonymes pour lesquels il est le dernier espoir. Se replonger dans un passé sanglant, douloureux, encore et toujours vif. Redevenir un "outil". Lawrence le tira de son pessimisme en reprenant la parole. Si le ton restait celui agréable de la conversation, la teneur des propos du barman ne leurrèrent personne dans cette pièce. "Un ami à moi", une formule pudique pour éviter le "je". Fischer posa sa tasse sur sa sous-tasse et son regard sombre sur le visage de l'anglais. Ce dernier était bel et bien entouré par la mort. Epouse, enfant, peut-être les deux, il n'y a pas de perte plus grande que celles-ci. C'est un deuil anormal auquel on ne peut jamais se préparer et qu'il est bien difficile d'accepter. Même si on avance de nouveau, la plaie ne se refermera jamais parfaitement, on croit aller mieux mais l'est-on réellement? Fischer plissa les lèvres en une moue dubitative lorsque Lawrence le mentionna. Il répondit au rire de ce dernier par un reniflement amusé mais cynique. Il a déjà emménagé à de multiples reprises. Le décor est certes différent mais le scénario est toujours le même. Ce qu'il fuyait le rattrappait sans cesse. Avec le passif de Castle Rock, ce n'était qu'une question de temps et Fischer ignorait encore comment il réagirait lorsqu'il y ferait face de nouveau. La conversation dériva sur les animaux, reprenant une teneur plus légère bien que non dénuée de non-dits subtilement évoqués avant que Lawrence ne fasse preuve d'un comportement surprenant. Du moins beaucoup plus surprenant que ces manières d'anglais. Pendant un instant, il disparut dans la pièce derrière le bar laissant un Ben aux paupières plissées par la suspicion. Plusieurs fois, le son d'un cliquetis lui parvint et lorsque le barman refit son apparition, il parut plus pâle à Fischer, plus nerveux. Et par un simple question, il ajouta une pièce au puzzle. Une odeur fantôme issue d'un souvenir traumatisant, celui d'un accident domestique. D'une voix un peu stressée Lawrence lui demanda s'il ne sentait rien.

Pas en ce moment. répond-il d'un ton sybillin, conscient que le double-sens du verbe "sentir" échappait complètement à son interlocuteur. Asseyez-vous un instant, Lawrence. poursuit-il avec un sourire bienveillant aux lèvres. En silence, Benjamin attendit que le barman choisisse un endroit où se poser enfin. Repoussant d'une main sa sous-tasse, il posa l'autre sur l'avant-bras de son interlocuteur, les yeux rivés à ceux de ce dernier. Inutile de se perdre dans des discours creux où ils ne feraient que tenter de masquer maladroitement le fait que leurs vies respectives portaient de sérieux et comparables hématomes. Echange muet et plein d'empathie humaine d'un homme cabossé à un autre homme cabossé. Je sais. Je comprend. Je suis désolé. Doucement, Benjamin tapota l'avant-bras de l'anglais avant de prendre une profonde inspiration et de rompre le contact avant qu'il ne perde cette étrange et intense sincérité et ne devienne plus que gênant. Vous faites trop d'effort, hum? reprend-il en faisant écho aux paroles précédentes du barman lui offrant ainsi un alibi. Je vais y aller, Lawrence. Profitez-en pour vous reposer, ne penser à rien. Se levant et abandonnant le tabouret, il glissa un billet de 5 dollars sous la sous-tasse et doubla les protestations prévisibles qu'allait émettre le barman d'un chuintement presque autoritaire. Je sais Lawrence, les cafés sont offerts. Créditez ma future ardoise de 5 dollars. termine-t-il en tendant la main à son interlocuteur.


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MessageSujet: Re: Hello There - Benjamin   Mar 17 Juil - 6:45

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Lawrence apparaissait aujourd'hui comme un homme adulte, proche de la trentaine avec un travail correct, une place dans la petite ville et une ombre à ses pieds mais le barman savait qu'il ne s'agissait que d'une illusion.
Parfois il s'imaginait -ou plutôt se voyait, il n'y avait pas de place pour l'imagination avec des choses aussi sombres- devant un grand miroir, le genre richement décoré, le genre un peu mystérieux, le genre qui dit la vérité, quoi.
Sauf que le miroir ne lui renvoyait rien, pas un reflet, pas une lumière, pas même le vide, car là où il y avait le vide, quelque chose existait avant. C'était le rien, juste, le néant.
L'homme adulte que devrait être Lawrence, celui que tous voyaient (ou croyaient voir) ici, à Castle Rock, il n'existait pas.
Quelque chose de lui, ou son être entier, n'avait jamais fait le voyage par delà l'Atlantique. Quelque chose de lui était restée dans le petit cimetière en bordure de Londres, auprès des tombes de son père, de sa mère.
De sa soeur.
Il n'avait pas perdu une femme, il n'avait pas perdu un enfant.
D'une certaine manière, Lawrence avait perdu la possibilité d'en avoir un jour.
Un avenir aussi.
Un avenir en tant que lui....
Le traumatisme était tel, celui de la perte, celui des meurtres non reconnus comme tel, que l'éternel étudiant en lui avait disparu pour laisser place au barman.A celui protégé par son comptoir, celui qui écoute, qui ne vit pas dans le même monde peut être.
Et il était là, dans cette foutue ville où l'on souffrait de trop d'horreurs aussi, il était là, incapable de les ressentir, les horreurs.
Incapable de grandir aussi, le jeune étudiant d'Oxford avait été enfermé dans un cocon à l'intérieur de lui-même, le barman dynamique (enfin “dynamique”, façon de parler...) n'en était pas la version papillon, mais bien au contraire un doppelganger.
Un remplaçant.
Lawrence remplaçait lui-même ce qu'il aurait du être, se refusant le droit de vivre d'une certaine façon pour expier des meurtres qu'il n'avait pu résoudre.
Comment fonder un couple, une famille, lorsqu'il n'avait pu protéger ou rendre justice à la famille qui l'avait élevé, qu'il était devenu un tout autre homme que leur petit garçon?

Des doigts sur son bras, des doigts dont la pression était suffisante assez pour l'éloigner du miroir sans reflet qu'il portait là, dans sa tête.
Les yeux de Benjamin avaient changé, ou bien Lawrence parvenait à les lire autrement maintenant. Certains parleraient de souffrance, de douleur, ici aucun des deux ne le fit. Inutile de gaspiller de la salive, de l'énergie, pour des choses que l'on connaissait déjà, non?

Il parvint à s'asseoir, les murs du pub l'entouraient, de SON pub. Les tabourets, ceux qu'il changeait petit à petit en se fichant bien qu'ils soient dépareillés, le sol lustré par terre parce que le ménage était important, les banquettes en cuir, les petite tables.
Une odeur de café, pour le moment l'endroit ne sentait que cela. Bientôt ce serait l'alcool.
Il y avait des ombres ici, toutes ne faisaient pas peur cependant. Les yeux au sol un instant, un court instant, Lawrence regarda l'ombre de Benjamin, eut alors l'impression d'un bon esprit là, couvant l'endroit de ses ténèbres sans méchanceté. Et puis il regarda l'homme, le vrai. Le médium l'avait ramené d'un endroit bien dangereux de son esprit et beaucoup de choses se passèrent alors : Lawrence viy que Benjamin avait fait cela sans lui infliger de blessures aucunes ou de questions, puis il y eut le billet glissé là.
Pour payer en avance.
Qui disait simplement “je vais revenir”.
Un peu de stabilité alors que Lawrence revenait d'un désespoir total à se retrouver pris dans ses illusions. Le barman se reposerait, retrouverait des forces sans forcément s'expliquer sur des choses dont il ne voulait rien. Il ne se condamnerait pas pour autant à la solitude, le billet sonnait comme une promesse que, au delà de Benjamin, les autres personnes reviendraient.

Bien entendu, Lawrence était tout à fait incapable de penser de manière aussi cohérente en cet instant. Il constatait juste qu'il avait perdu pied assez pour se retrouver effrayé à nouveau, mais que benjamin l'avait rassuré, que d'autres choses le rassuraient. Il n'était donc plus en danger....

Pour la première fois depuis longtemps, ce fut l'étudiant qui sourit alors à l'autre homme, pas le barman.
L'étudiant également qui lui serra la main, fatigué, épuisé. L'étudiant qui avait perdu son père, sa mère, sa soeur, qui ne s'en remettait pas, ne s'en remettrait jamais.

”Ma foi, le prix d'une pinte en happy hour ou de n'importe quoi d'autre que vous désirerez, Benjamin. “

Et puis, les mots de l'étudiant même si Lawrence ne pouvait s'en rendre compte. Parce que'il avait été au bord d'un gouffre un peu trop dangereux, il y a quelques instants.

”Merci”                                                                                        


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